23 Août 2019

Ariane 6

Avec la 6ème génération de sa famille de lanceurs phare, l'Europe spatiale met l'accent sur la modularité et la mutualisation des coûts.

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Futur proche des lanceurs spatiaux européens, Ariane 6 s'élancera bientôt du Centre spatial guyanais. Développé pour être un lanceur lourd ou moyen selon les besoins de sa mission, Ariane 6 se déclinera en 2 versions. La version A62, plus légère et moins coûteuse, pourra placer sur orbite des satellites entre 4 000 et 7 000 kg. La version 64, plus puissante, sera quant à elle capable d'emporter jusqu'à 16 000 kg.

Cette modularité permet au nouveau lanceur de s'adapter à toutes les orbites visées, et donc à toutes les missions possibles pour des satellites, qu'il s'agisse d'observation de la Terre, de télécommunications, d'expériences scientifiques ou encore de navigation.

Ariane 6 est un projet mené sous la direction de l'Agence spatiale européenne, qui collabore avec plus de 600 entreprises dans 13 pays. La maîtrise d'oeuvre du lanceur est dirigée par ArianeGroup. Le CNES est en charge de la conception et la construction des installations permettant le lancement au CSG, et Arianespace sera chargée de l'exploitation du lanceur.

Caractéristiques techniques

Caractéristiques du lanceur

Du haut de ses 62 mètres (contre 55 pour Ariane 5), Ariane 6 aura une masse de 530 tonnes en version A62, et 800 en version A64. Les deux versions seront composées de 4 étages distincts.

Vue éclatée d'Ariane 6
Vue éclatée d'Ariane 6 : à gauche, la version Ariane 62, à droite, la version Ariane 64.

1. Étages d'accélération à poudre

Au nombre de 2 ou 4 selon la version du lanceur, les étages d'accélération à poudre (aussi appelés boosters) fourniront la majeure partie de la poussée au décollage. Identiques au 1er étage de VEGA C, ils contiendront 142 tonnes de propergol solide. Pendant les 130 secondes suivant le décollage, il fourniront une poussée d'environ 350 tonnes avant de se séparer du lanceur.

2. Étage inférieur cryotechnique

Contrairement aux boosters, l'étage inférieur cryotechnique utilise une propulsion liquide : il contient des réservoirs à ergols, l'hydrogène et l'oxygène. Ces réservoirs sont constitués de matériaux isolants, car les deux composés sont maintenus à l'état liquide grâce à des températures extrêmement froides : -182°C pour l'oxygène et -253°C pour l’hydrogène. Le moteur Vulcain, situé à la base d'Ariane 6, utilise ces composés pour la propulsion pendant les 10 premières minutes du lancement.

3. Étage supérieur cryotechnique

Comme l'étage inférieur cryotechnique, l'étage supérieur est propulsé grâce à de l'oxygène et de l'hydrogène liquides. Ses réservoirs en contiennent 30 tonnes, utilisés par le moteurs Vinci. Amélioration du moteur HM-7B d'Ariane 5, celui-ci est presque 3 fois plus puissant, mais aussi réallumable. Cette propriété lui permettra d'ajuster sa trajectoire pour atteindre plus facilement l'orbite visée, mais aussi de désorbiter l'étage une fois la mission accomplie, et donc éviter de générer des débris en orbite.

4. Composite supérieur

Le composite supérieur comprend la coiffe d'Ariane 6 et le ou les satellites qu'elle contient. La coiffe, d'une hauteur de 20 mètres, protège les satellites de perturbations aérodynamiques, thermiques et acoustiques. Composée de 2 demi-coquilles, elle s'ouvrira pour se séparer du lanceur une fois hors de l'atmosphère. Grâce au Sylda, élément déjà utilisé pour Ariane 5, Ariane 6 pourra mettre sur orbite 2 satellites de grande envergure lors d'un même lancement.

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